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ALBIGEOIS

đŸŽ™ïž ITW Arnaud MELA par le #MagSport Radio AlbigĂšs

Arnaud, Ă  Albi, tu avais vraiment du mal Ă  lancer ta saison ainsi qu’une vĂ©ritable dynamique, c’était toujours entrecoupĂ© soit d’intempĂ©ries comme contre Bourgoin ou de Covid. L’arrĂȘt des compĂ©titions ne t’arrangeait pas ? 

AM (Albi) : Non, ça ne m’arrangeait pas, un peu aussi dans l’idĂ©e que l’on bataille pour aller chercher une Pro D2 et lĂ , on s’est encore un peu Ă©loignĂ© de la LNR en acceptant de ne pas jouer. Mon prĂ©sident, tout comme moi, Ă©tait d’accord pour dire qu’à huis-clos, on ne peut pas vivre mais j’aurai bien aimĂ© qu’on bataille un peu et qu’on demande peut-ĂȘtre une aide de l’Etat diffĂ©rente pour qu’on puisse continuer ce championnat. Il n’y a qu’une chose que je crains, c’est qu’à la fin, il n’y ait pas de montĂ©e. Je l’ai vĂ©cu l’an dernier et si on le revit cette annĂ©e, j’ai peur que l’on coupe cette passerelle.

 

Cette passerelle entre monde amateur et monde professionnel, elle est quand mĂȘme importante ? Tu en es un peu la quintessence, tu as commencĂ© dans le monde amateur pour aller ensuite dans les centres de formation puis tutoyer les grandes Ă©quipes pros ? 

AM (Albi) : Il y a toujours des joueurs qui passent du Stade Toulousain au Stade Toulousain mais il y a peut-ĂȘtre 40% des joueurs en France qui sont passĂ©s par le monde amateur. On le voit aujourd’hui, c’est de plus en plus Ă  la mode que des gens aillent chercher du temps de jeu en FĂ©dĂ©rale 1 ou en Pro D2. Donc, il faut essayer de regarder ça du plus proche possible et moi, j’espĂšre qu’on ne va pas se le refaire comme l’an dernier. C’est difficilement vivable d’investir dans des clubs, de donner beaucoup et de ne pas avoir ces montĂ©es Ă  la sortie. J’anticipe et je craignais ça, ce n’est pas plus mais je suis comme vous, je sais que, quand on a personne dans le stade, c’est compliquĂ© pour nous payer Ă  la fin du mois. Mais j’aurai aimĂ© que l’on partage la part du gĂąteau Ă  trois divisions.

 

Arnaud, est-ce que l’idĂ©e de reprise anticipĂ©e des entraĂźnements de Suresnes peut faire germer quelque chose du cĂŽtĂ© d’Albi ? 

AM (Albi) : C’est quelque chose Ă  quoi nous avons rĂ©flĂ©chi nous aussi, de sortir deux crĂ©neaux de deux heures chacun dans la semaine pour pouvoir s’entraĂźner au moins deux fois. Ce n’est pas que nous n’avons pas confiance en les joueurs mais je sais trĂšs bien que, si je les laisse un mois, ils vont peut-ĂȘtre s’entraĂźner une semaine et demi tous seuls Ă  tenir mais aprĂšs, petit Ă  petit, ils vont lĂącher. Donc, je suis en train de rĂ©flĂ©chir lĂ -dessus aussi pour voir si nous pouvons faire deux crĂ©neaux de deux heures, un le mardi et un le jeudi. Sans parler de s’entraĂźner ou de jouer rĂ©ellement au rugby mais au moins garder un peu de condition physique et aprĂšs, ils pourront se faire des supplĂ©ments plus sĂ©rieux chez eux, Ă  moins d’un kilomĂštre de chez eux mais nous allons essayer de jouer avec ça aussi et de garder au moins nos joueurs Ă  peu prĂšs en forme.

 

Cette situation-lĂ , Ă  moitiĂ© au chĂŽmage tout en essayant de s’entraĂźner, peut raisonnablement durer combien de temps sans perdre les conditions physiques et les qualitĂ©s rugbystiques des gars ? 

AM (Albi) : Les mecs s’entraĂźnent tous les jours 4 heures de temps et que tu passes Ă  deux heures dans la semaine, il est sĂ»r qu’au bout de 10 / 12 jours, tu commences Ă  perdre et ça, ça sera difficile Ă  rĂ©cupĂ©rer. AprĂšs, ce sera le sĂ©rieux des joueurs : est-ce qu’ils vont faire un peu gaffe chez eux, est-ce qu’ils vont se rajouter une heure de footing pas loin de chez eux ? Tout ça est difficile Ă  gĂ©rer, dĂ©jĂ  avec le confinement prĂ©cĂ©dent, nous avions retrouvĂ© des joueurs qui avaient quand mĂȘme vraiment perdu physiquement. C’est une situation un peu compliquĂ©e, il y a aussi beaucoup de confiance envers ses joueurs et c’est pour cela que je pense que la solution de Suresnes n’est pas mal. Ca permet de contrĂŽler mais aussi de continuer Ă  bosser un peu le rugby et de perdre moins de temps que les autres.

 

Arnaud, que penses-tu de toutes ces propositions, qu’elles soient de Blagnac, de Narbonne ou de Suresnes ? Tout le monde a des problĂ©matiques diffĂ©rentes, tout le monde a des idĂ©es un peu concordantes qui divergent. A Albi, on a une grosse problĂ©matique, celle de n’avoir jouĂ© qu’un seul match Ă  domicile sur 4 rencontres d’effectuĂ©es. Ca pĂšse aussi dans la balance ? 

AM (Albi) : Il est sĂ»r que la pĂ©rĂ©quation sur le dĂ©but de saison m’handicape beaucoup, avec juste une rĂ©ception, je suis perdant. Dans l’idĂ©e de Suresnes (rĂ©Ă©quilibrage des matchs sur les 6 premiĂšres journĂ©es + pĂ©rĂ©quation novembre/dĂ©cembre 2020 / phase retour normale et playoffs allĂ©gĂ©s), de pouvoir rĂ©cupĂ©rer les matches qui me manquent et de pouvoir amĂ©liorer ça, ça m’intĂ©resserait. AprĂšs, je prĂ©fĂ©rerai finir avec les demi-finales et pas la finale parce qu’à la rigueur, ne pas savoir qui est champion, on s’en fout un peu. Mais, si on peut passer la demi-finale, cette formule de faire juste les demis est intĂ©ressante. Quant Ă  la seconde proposition, j’y suis beaucoup gagnant mais j’ai regardĂ© la proposition N°2 de Blagnac en tenant compte de la saison derniĂšre (SystĂšme de pĂ©rĂ©quation avec prise en compte des points de l’annĂ©e derniĂšre + 2 poule de 7 gĂ©ographique et playoffs) et tous les clubs qui postulent rĂ©ellement Ă  la montĂ©e en Pro D2, car je pense sincĂšrement que sur notre poule de 14, nous ne sommes quand mĂȘme pas 14 Ă  vouloir monter en Pro D2 l’annĂ©e prochaine, sur ce calcul-lĂ  de la proposition, tous les clubs qui veulent rĂ©ellement monter sont quand mĂȘme gagnants. Donc, je trouve que c’est aussi une bonne solution mais j’aime bien la solution de Suresnes, je la trouve bien. Si on pouvait commencer dĂšs Janvier Ă  jouer et remettre les compteurs Ă  zĂ©ro avec tout le monde ayant jouĂ© ses 6 matches pour ensuite rĂ©attaquer, je trouve que ça serait bien aussi. AprĂšs, ça va faire des gros blocs et le souci des matches reportĂ©s, Ă  la diffĂ©rence de la Pro D2, c’est que nous avons chez nous un protocole qui est quand mĂȘme beaucoup plus souple et on arrive quand mĂȘme plus ou moins Ă  gĂ©rer le Covid. On est mal placĂ© parce-que moi, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  le gĂ©rer et Narbonne non plus, mais c’est quand mĂȘme un peu plus souple que la Pro D2 et on arriverait quand mĂȘme Ă  gĂ©rer en testant nos joueurs et en les isolant et peut-ĂȘtre arriver Ă  jouer quasiment la totalitĂ© des matches.

 

Pour faire un trait d’humour, je retiens que tu prĂ©fĂšres jouer une potentielle montĂ©e Ă  un potentiel titre malgrĂ© qu’Albi est une armoire aux trophĂ©es dĂ©sespĂ©rĂ©ment vide 

AM (Albi) : Tu sais, je suis montĂ© avec Albi en 2006, je n’ai pas Ă©tĂ© champion de France mais nous nous Ă©tions construit un bouclier aussi beau que celui de la FĂ©dĂ© (rires).

 

Arnaud, avec une Ă©quipe que l’on sait quasiment 100% pro Ă  Albi Ă  une ou deux exceptions prĂšs, tu tends Ă  prendre le wagon de la Pro D2, comme l’a dit Alain Roumegoux, essayer de tendre vers les canons de la Pro D2. Mais, tu n’as pas peur que le revers de la mĂ©daille soit que l’on revienne Ă  la FĂ©dĂ©rale 1 Elite oĂč les canons Ă©taient tellement hauts qu’il n’y avait pas assez de participants ? 

AM (Albi) : Oui mais il faut aussi que l’on prenne des risques, c’est franchement compliquĂ© pour nous comme pour tout le monde. Nous avons eu un match chez nous depuis le mois de Mars, une rentrĂ©e d’argent chez nous. Ils disent de passer les stades Ă  5 000 mais 5 000, on ne les fait jamais mais si on repassait Ă  2 000 / 2 300 personnes, on rentrerait Ă  nouveau un peu d’argent dans les caisses et on recrĂ©erait aussi quelque chose avec nos supporters. Aujourd’hui, nos supporters sont chez eux, tu joues Ă  huis-clos ou devant 1 000 personnes, il y a aussi des gens qui ont peur et qui ne viennent pas au stade. On est en train de se sĂ©parer de ce cĂŽtĂ©-lĂ , de celui oĂč les gens ont besoin de vivre des choses avec nos joueurs et si on continue comme ça, j’ai peur pour le rugby. Bien sĂ»r, Ă  la tĂ©lĂ©, le Top 14 et la Pro D2 ne risquent rien, ils sont aidĂ©s et ça va le faire mais nous, notre situation Ă  nous est trĂšs compliquĂ©e. J’ai peur qu’on perde du monde et qu’on ait du monde si on est en phases finales : en demi-finale, tu auras du monde qui viendra voir ce match-lĂ . Mais lĂ , je pense que nous sommes un peu en danger et qu’il va falloir qu’on trouve des solutions pour pouvoir au moins remettre 2 000 personnes dans un stade. Nous avons vendu des prestations Ă  des partenaires et les pauvres, ils n’ont rien et aujourd’hui, la survie de tous les clubs, je pense, elle est en danger. Donc, si nous n’avons pas d’aide de la tĂ©lĂ©, de la FĂ©dĂ©, de la Ligue ou je ne sais pas de qui, ça va quand mĂȘme ĂȘtre compliquĂ© de continuer comme ça. Et le Covid ne va pas fermer la porte dans trois jours, au mois de Janvier, il y aura aussi du Covid.

 

Tu fais partie de ceux qui sont persuadĂ©s que, s’il y a une reprise le 10 Janvier, elle se fera Ă  huis-clos ? 

AM (Albi) : À huis-clos, je ne le souhaite pas, il faudrait au moins une porte Ă  1 000. Mais mĂȘme 1 000, nous, nous avons 1 400 abonnĂ©s alors, on trique qui ? Donc oui, je pense que l’on va mettre Ă  huis-clos au moins jusqu’à FĂ©vrier mais ce que je crains, c’est que l’on se prenne un confinement tous les 4 ou 5 mois d’un mois dans la gueule et qu’on se retrouve Ă  nouveau avec des soucis Ă  gĂ©rer. On en a pour deux / trois ans, on ne va pas gĂ©rer ça comme ça.

 

Tu penses que la FĂ©dĂ© devrait prendre sa mallette de VRP et aller au MinistĂšre plaider la cause de la FĂ©dĂ©rale 1 et de la Nationale ? Des autres championnats aussi mais la FĂ©dĂ©rale 1 et la Nationale sont quand mĂȘme des championnats semi-pros oĂč les clubs ont souvent les contraintes du monde professionnel et celles du monde amateur mais peu de subsides de l’un ou de l’autre

AM (Albi) : La Nationale devrait ĂȘtre le bijou de la FĂ©dĂ© puisque c’est le plus haut niveau de la FĂ©dĂ© donc, on devrait ĂȘtre un peu plus aidĂ©, un peu plus soutenu. Je sais qu’ils font des efforts mais nous avons besoin de plus et aujourd’hui, je pense que ça ferait du bien Ă  tous les clubs d’avoir un coup de main mĂȘme s’il y a des clubs comme Suresnes qui ont l’air de mieux gĂ©rer que d’autres. Nous, nous avons peut-ĂȘtre plus de charges mais en tous cas, je sais que tout le monde a besoin d’un coup de main et sans ça, ça va ĂȘtre difficile de se projeter. MĂȘme Ă  moyen terme, comme parle Marc, ça va ĂȘtre difficile parce qu’il va falloir rĂ©gler le court terme.

 

Arnaud, pour toi, les perspectives sont une immense course contre la montre parce qu’Albi n’a pas eu de chance entre Covid et intempĂ©ries. Il va maintenant falloir rattraper le retard avec un calendrier compliquĂ© et, quelles que soient les solutions, cela va ĂȘtre une course contre la montre gĂ©ante. L’avantage, c’est qu’il n’y a rien de mieux qu’une course contre la montre pour motiver les joueurs ?

AM (Albi) : On verra comment ça va se dĂ©rouler. Logiquement, vu ce qu’il me reste Ă  jouer comme matches, il ne va pas me rester beaucoup de week-end de repos. A aujourd’hui, on avait des blocs de 4 et des blocs de 5, on n’a rien fait donc pour manager, ça n’est pas facile. Tu as des joueurs qui ne jouent pas un week-end, tu prĂ©vois de les faire jouer celui d’aprĂšs  mais il n’y a pas de match donc, la perspective du club est dĂ©jĂ  d’enchaĂźner un mois de Janvier de rugby, un mois de FĂ©vrier de rugby et on fera le point Ă  la fin mais au moins essayer d’enchaĂźner une demi-saison normale. AprĂšs, on fera comme ce sera dĂ©cidĂ© Ă  l’étage au-dessus, on va suivre, moi, je souhaite faire un maximum de matches. Les joueurs sont payĂ©s pour, ils s’entraĂźnent et leur passion est de jouer au rugby et aujourd’hui, on leur parle plus de ça mais que de Covid et de changements d’emploi du temps donc, au moins essayer de finir une saison Ă  prendre du plaisir Ă  faire son mĂ©tier qui est quand mĂȘme des plus plaisants.

 

La passion avant tout ? 

AM (Albi) : VoilĂ 

 


Arnaud, tu as deux passions : le rugby et la chasse. Le seul avantage de ces vacances forcĂ©es, c’est que tu vas peut-ĂȘtre pouvoir aller faire la seconde ? 

AM (Albi) : La chasse est fermée aussi (rires).

 

Tu n’as pas de bol, tu es comme Marc Delpoux (Co Pdt Narbonne et Restaurateur), double peine


AM (Albi) : Moi, c’est une passion. Du coup je fais quelques travaux chez moi, ça m’occupe et ça me permet de penser Ă  autre chose que toujours Ă  ces mĂȘmes conneries…

 

Propos recueillis par LoĂŻc ColombiĂ© lors de l’Ă©mission

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