PRO D2/ SCA-BOURG : LES VERTUS, RIEN QUE LES VERTUS, MAIS TOUTES LES VERTUS!

SCA/ BOURG : LES VERTUS, RIEN QUE LES VERTUS MAIS TOUTES LES VERTUS

HENRY BRONCAN : « LES JOUEURS ONT BESOIN DU SOUTIEN DU PUBLIC, PAS DE SIFFETS FUSSENT-ILS D’UNE MINORITÉ.

J’ASSUME LES DEFAITES, LES VICTOIRES SONT POUR LES JOUEURS.

CONTRE BOURG, VENEZ SOUTENIR LE CLUB MÊME SI TOUT N’EST PAS PARFAIT»

 

« Aurillac, c’est la victoire d’un groupe et ce n’était pas facile d’y croire à un  moment donné. Nous avons beaucoup de problèmes et de questions à se poser quand-même. Je ne veux pas faire comme après le nul de Colomiers, me montrer mécontent, mais nous avons de grosses lacunes dans notre jeu. Nous avons vu la mêlée dominer en première mi-temps, nous avons constaté que la touche,  tout au long de la rencontre, a été incapable de s’adapter aux sauteurs cantaliens . On connaît le jeu d’Aurillac , j’aimerais bien pouvoir le pratiquer ». Ces propos sont d’Henry Broncan.

Ces lacunes justifient-elles pour autant qu’une minorité de spectateurs confortablement installés  dans la tribune d’honneur accompagne vers les vestiaires à l’heure des citrons avec des sifflets les joueurs qui, à ce moment là,  étaient menés 11 à 23 ? Certainement les mêmes d’ailleurs que ceux qui  ont fortement applaudit les mêmes joueurs lesquels avaient  retrouvé leurs valeurs de combat, d’agressivité, pour  arracher la victoire à l’ultime minute, voire l’ultime seconde. Certes inespérée à l’heure de jeu, mais une victoire gagnée à la sueur du groupe des 23 « jaune et noir » inscrits sur la feuille de match .

Ces sifflets ont  profondément choqué le coach Henry Broncan, lequel n’a pas caché son sentiment à l’heure des discours lors du repas d’après match. «  Je ne sais pas si nous serons toujours capables de revenir à la dernière minute, en fin de match. Il est certain que menés comme nous l’étions à la mi-temps contre Aurillac c’était très dur pour mes joueurs et pour moi et mon staff. A ce propos, je voulais vous dire que je n’ai pas compris les sifflets du public à l’égard des joueurs alors qu’ils  donnent le maximum d’eux-mêmes. Par rapport à cela, au repas des partenaires j’ai dit : je me souviendrais de l’attitude du public à la mi-temps du match d’Aurillac, mais je n’ai jamais proféré la moindre insulte à l’égard de ce public là. Je sais que nous en avons trop besoin et je sais en plus qu’il peut se montrer formidable en étant derrière son équipe comme il l’a prouvé en seconde mi-temps. Mais j ‘aimerais qu’il soit derrière l’équipe quand elle est en difficulté. J’espère qu’en première période contre Bourg-en-Bresse, dans un match qui va être extrêmement important car décisif , eh bien,  j’espère que dès l’entame de la rencontre on sache pardonner quelques lacunes, quelques fautes individuelles, quelques fautes de placement comme cela a pu arriver. Je le répète encore une fois car  j’en suis certain, les joueurs donnent le meilleur d’eux-mêmes avec leurs qualités de courage , de combattant et avec leurs défauts dont le principal est certainement la jeunesse. Les défaites je les assumerais toujours, et les victoires elles sont pour les joueurs car c’est eux qui remportent des victoires comme cette acquise lors de  la rencontre contre Aurillac. Comme c’est le cas depuis le début de la saison je serais-là dans les mauvais jours et je défendrais mes joueurs . Le premier mot au fronton de la République, c’est Liberté . Liberté de critiquer, liberté de siffler, il n’y a aucun problème. Mais je tiens à  rappeler que mes joueurs vivent une saison extrêmement compliquée, notamment depuis le mois d’août, avec pour la plupart d’entre eux des problèmes car ils ne savent pas quel est leur avenir professionnel. On ne sait pas dans quelle division nous serons, quel sera le budget, etc. Toutes ces questions se posent depuis le mois d’août. Ils vivent une saison extrêmement difficile …  Ce n’est pas Zola, bien entendu,  mais ils méritent d’être encouragés  jusqu’au bout comme le public a su très bien le faire à partir de la seconde période. . Pas sifflés »

APPEL AU SOUTIEN

Pour Henry  Broncan « c’est trop facile de soutenir l’équipe quand elle gagne et est dominatrice. Le véritable soutien d’un public, c’est quand l’équipe est dominée, c’est à ce moment là surtout  qu’il faut l’aider »..

Le bateau albigeois qui prenait l’eau à la mi-temps (11-23 et douze points d’handicap), a obligé le coach à engager prématurément le  changement de joueurs. C’était une nouvelle première ligne qui était alignée, puis ensuite le coach a procédé à un coaching qui s’est avéré payant. Le SCA , c’est cela, pas  des individualités mais un groupe. Un état d’esprit de collectif..

Henry Broncan, lors de la conférence de presse à l’issue de la rencontre face à Aurillac au cours de laquelle les joueurs ont apporté la preuve qu’il savaient mouiller le maillot pour le SCA pour aller chercher la victoire,  a avancé un élément de réflexion sur l’état d’esprit des joueurs à l’instant.« Le championnat professionnel, en rugby, c’est très compliqué. Parce que lorsque un joueur n’est plus dans votre club , il n’est plus sur le terrain. Actuellement nous avons trop de joueurs, qui sont dans l’incertitude quant à leur avenir et qui ne sont pas actuellement au Sporting Club Albigeois. Cela  est très compliqué à gérer » .

C’est grave docteur ? «  Ce n’est pas grave car c’est le métier des joueurs. Quelques uns s’en vont d’eux même, d’autres ne sont pas reconduits, d’autres sont dans l’expectative quant à leur avenir. C’est cela qui est très compliqué car il va falloir encore tenir neuf rencontres . C’est très, très dur je peux vous l’assurer ». Par cette réflexion, le coach albigeois a tenu à souligner le problème récurent à chaque saison : dès le mois de février arrive  le temps où les joueurs sont confrontés à leur avenir. Les entretiens personnalisés qui devraient ou qui ont commencé jettent parfois le trouble, parfois sécurisent tel ou tel élément du groupe. On le sait , pour le SCA, près d’ une vingtaine d’éléments est  en fin de contrat. L’arrivée de plus en plus d’étrangers dans le rugby français (ce n’est pas le cas à Albi) mettent au chômage un nombre important de joueurs. La nouvelle réglementation sur les « Espoirs » ajoutera un élément supplémentaire à cette situation. Bref, l’avenir du joueur ( les agents recruteurs ont déjà commencé leur marché même s’il est interdit aujourd’hui d’y faire référence)  se joue aujourd’hui et donc peut influer sur son comportement. En sachant toutefois que l’avenir du joueur est tributaire et des prestations de l’équipe et sa contribution personnelle. Des garçons comme Geoffey  Palis, Sofiane Guitoune sont montés au sein de  l’élite parce qu’ils ont brillés en Pro D2, avec le SCA en l’occurrence.   Heureusement l’état d’esprit qui règne actuellement au sein des joueurs du SCA permet de renverser des montagnes fussent-elles cantaliennes

Jean-Christophe Bacca le confirmait à l’issue des débats sportifs du dernier week-end : « Il faut vraiment tirer  un gros coup de chapeau à ce groupe qui a su réagir en étant mené de douze points face à une équipe d’Aurillac qui a récité son rugby de la meilleure des façons, avec une conquête en place, qui a  joué quasiment tous les ballons et  nous a posé énormément de problèmes . A la mi-temps on se trouvait mal embarqués . Cela devenait très compliqué, mais nous avons vu les vertus de ce groupe quand il a décidé de ne rien  lâcher, quand il a décidé de se révolter. Il a montré toute l’étendue de ses qualités. On a encore un passage à vide de dix minutes, avec un essai casquette derrière, et on se retrouve au fond du trou d’où on a du mal à sortir. Et en deuxième mi-temps ça s’équilibre, on revient, on prend le dessus. Les Albigeois sont allé chercher la victoire » .

Pour corriger les défauts affichés par la le pack des avants, Henry Broncan fait confiance à Jean-Christophe Bacca . «  C’est la première fois que la touche passe à côté sûrement parce que l’entraîneur des avants cantalous, David Davidson, ancien seconde ligne international irlandais, avait très bien préparé sa stratégie. Cela a marché. Nous n’avons su nous adapter contrairement à la mêlée. Je félicite les 23 joueurs parce que ce n’est jamais facile notamment contre la très belle équipe d’Aurillac (NDLR selon les aurillacois ce serait leur meilleur match de la saison). Le public a été un peu vexé que l’on soit menés à la mi-temps.  Mais  il ne faut pas oublier la qualité de l’adversaire, un  jeu exceptionnel dans le mouvement.

PUBLIC PRESENT

« Maintenant il ne faut pas se fier au score de Bourg-en Bresse face à Narbonne (38-12) équipe actuellement euphorique, très dangereuse. Bourg sera d’autant plus dangereux que les Bressans viennent peut-être  jouer à Albi leur dernière chance de se maintenir en Pro D2 ».

« Il faut que tous ceux qui aiment le club se tournent vers cette réception de Bourg-en-Bresse »

Et le coach de lancer un appel : «  Venez soutenir le club parce que c’est très difficile de jouer à ce niveau là . Et  je suis certain que les joueurs  donnent le maximum d’eux-mêmes mêmes si tout n’est pas parfait ».

En terme comptable pour Albi  sur le plan sportif, la situation est   plus rassurante, même s’il ne faut vendre la peau de l’ours….. Reste à confirmer sur le plan financier. Albi, au plan rugby, a du cœur, les joueurs  affichent de belles valeurs. Reste à leur ajouter   les ingrédients nécessaires pour donner  ce zest de confiance en  l’avenir  qui prépare les grandes joies rugbystiques de demain.

Maurice Charbonnières

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