PRO D2/ SCA 16-BOURGOIN 6: LA VICTOIRE DEDIEE AU PUBLIC ET A TROIS RETRAITES !

PRO D2/ SCA-BOURGOIN 16-6

mi-temps 16-0

Stadium Municipal Albi
Temps ensoleillé et fort vent favorable pour Albi en première mi-temps
4600 Spectateurs
Arbitre : Graeme WELLS (Ecosse)

SCA
Péluchon (Kraska 68°), Lacroix, Vialelle, Bonnet, Rokoduru (Calas 68°), (o) Bartlélémy, (m) Marques, Misse (Chateauraynaud 57°), Raynaud (cap), L. Mondoulet (J Mondoulet 71°), Damiani, Corréa (André 51°), Kwarazfelia (Hamadache 51°), Djebablah (Ponnnau 51°), Frize (Dedieu 51°) 1
Essai : Lacroix 20°
Transformation : Marques 20°
Pénalité : Marques 8°-30°-40°
Cartons jaunes : Rokoduru 57°- J. Mondoulet 76°
Carton Rouge : Bonnet 57°

BOURGOIN
Bouet, Insardi, Moinot, Perrin, Viallet, ( o ) Gondrand, (m) Faure, Recordier (Da Silva- Lopes 57°), Barrière (Gabriel 57°), Guillot, Adamou ( Santoni 64°), Louchard(cap), Spachuk (Pelo 25°), Janaudy (Kribache 41°), Pivot (Resseguier 39°)
1 Pénalité : Gondrand 55°
1 Drop Gondran 44°
1 Carton jaune : Viallet 47°
1 Carton Rouge Perrin 57°

PARI GAGNÉ

CINQ MATCHES A DOMICILE, CINQ VICTOIRES
Les joueurs du SCA en avait fait la promesse : gagner les cinq dernières rencontres à domicile. Avec cette victoire face à Bourgoin, les « hommes » de Julien Raynaud ont gagné leur pari. Mais au delà de ce challenge, le SCA a réussi sa dernière réception de la saison, la plus porteuse d’émotion, car il s’agissait d’honorer trois joueurs emblématiques du Club qui arrêtent le rugby : Yogane Corréa, Yohann Misse et Nicolas Frize. Si les deux premiers sont confrontés à un bulletin de naissance, par contre Nicolas Frize, titulaire pour la première fois cette année après avoir été victime d’une méchante blessure au visage, a décidé de se consacrer à son métier de kiné. Et la quatrième personnalité concerné par le résultat de cette ultime rencontre de la saison à Albi et qui arrête son rôle de manager général du club après quatre saisons de bons et loyaux services, c’est Henry Broncan. Sans révéler les propos tenus à huis clos dans les vestiaires, on peut affirmer que ce fut séquences émotions. Des propos ont été tenus par le coach, le Président Jean-Jacques Castanet et par le Capitaine Julien Raynaud qui tous venaient du cœur comme des membres d’une famille confrontés à des ruptures. Le rugby professionnel est ainsi fait, qu’à l’issue de chaque fin de saison, il y a des joueurs qui après un petit bout de chemin dans le club, d’autres qui s’en vont vers une nouvelle aventure sous d’autres cieux, et d’autres enfin qui n’ont pas encore trouvé des points de chute. Yogane Corréa : « Maintenant je me rend compte que j’arrête ma carrière de rugbyman. Depuis hier soir surtout (vendredi) car j’ai reçu beaucoup de messages. C’est une page qui se tourne mais de toute les façons le compte à rebours était lancé. Si je n’arrêtais pas cette année cela aurait été dans un an, dans deux ans, mais le chrono ce n’est pas moi qui l’aurait arrêté, on m’aurait arrêté parce que soit, je n’aurais plus été performant, soit pour cause de blessure. Aujourd’hui j’ai envie de garder un bon souvenir et cela va me servir de marche-pied pour continuer à avancer, parce qu’il y avait le risque de finir aigri avec comme souvenir la blessure ou parce que je n’étais plus performant. Donc je préfère arrêter en disant que peut-être j’aurais pu faire un an de plus mais avec les risques que cela aurait comporté. J’ai envie de garder cette bonne humeur, cette image du rugby magique. Oui, j’ai vraiment à cœur de rester dans le milieu du rugby. De rester au club, mais l’avenir ne m’appartient pas. Dès la fin de la saison, je vais rencontrer Ugo Mola,(le futur coach albigeois qui prendra ses fonctions officielles le 1er juillet ), et après nous verrons. C’est toujours un échange perpétuel entre le rugby, entre le club, ce que les uns et les autres nous apportent. Aujourd’hui je ne me vois pas vivre sans rugby. Tout à l’heure j’étais avec des gamins qui me demandaient ce que je ferais l’année prochaine, est-ce que je vais les entraîner, cela m’a touché. Tant mieux s’ils rêvent à travers moi ». Pour Yogane Corréa, le meilleur souvenir qu’il garde de son passage à Albi c’est « la montée en Top 14 arrachée face à Oyonnax à Montpellier ». Autre moment d’émotion c’est lorsque Yohann Misse reconnaît « on ne se rend pas bien compte que l’on arrête parce que c’est la fin de saison . Mais j’y ai plus pensé hier soir et ce matin, j’ai tellement de choses qui passent par la tête. Je pense à toutes ces années, j’ai eu plein de messages d’anciens joueurs aussi. Ce sont toutes les aventures humaines que nous avons partagées et nous en avons eu à Albi c’est cela que je retiens, les trois finales, les descentes, les remontées, sans oublier les années Eric Béchu qui m’ont marqué, il m’a fait vivre le plus important dans ma carrière, il m’a tout fait vivre et je ne peux pas ne pas penser à lui. Oui, dans ces moments là, on ne pense qu’aux bonnes choses. J’ai voulu éviter la saison de trop même si j’ai des regrets car cette année j’ai été pénalisé par des blessures car elles m’ont empêché de faire autant de match que j’aurais souhaité comme les années précédentes. Mais à cela je n’y pouvait rien. Je tenais au moins à participer au dernier match à Albi, malgré qu’en début de semaine, lorsque je me suis entraîné, j’avais encore un peu mal, mais il fallait que je joue ce match là, voilà c’est fait. Peut-être que demain matin ce sera plus dur. D’abord je vais faire une bonne fête ce soir et demain peut-être que je me rendrais plus compte de ce tournant de ma vie sportive. Je prends les choses comme elles viennent. J’essaye de ne pas trop penser, de profiter de tous les moments. Depuis ce matin je voulais profiter de tous les instants avec mes copains du club, les bénévoles…. ». Tout comme Yogane Corréa, Yohann Misse se pose la question de son avenir dans le rugby : « J’aimerais bien aider ce club, je le connais par cœur, je sais ce qui pourrait être amélioré, mais il faut être deux. Pour le moment on ne m’a rien proposé, je n’ai rien demandé. Si, cela doit se faire ce sera naturellement . Mais, oui je voudrais rester dans le monde du rugby».
PREMIÈRE MI-TEMPS DÉCISIVE
La boîte aux souvenirs ouvertes, il y a eu également un match contre cette équipe de Bourgoin, qui n’était pas venue en terre Cathare pour faire du tourisme même si les Berjaliens tout comme les albigeois n’avaient plus rien à attendre de cette fin de saison si ce n’est de jouer pour l’honneur de ses couleurs. La première mi-temps sera tout à l’avantage des Albigeois dont les trois « futurs retraités » sont entrés en tête sur l’herbe du Stadium, tout comme d’ailleurs trois Berjaliens.. Démarrer avec un vent assez fort favorable, les Albigeois ont immédiatement pris en main les affaires en mettant la pression sur leurs adversaires. Dès la 8ème minute, Samuel Marques trouvait les perches de 15 mètres face aux poteaux suite à une faute berjalienne sur une belle séquence de jeu des locaux. (3-0 8ème) Une séquence des visiteurs se traduit par une pénalité contre Albi que Jérémy Gondran ratera depuis les 40 albigeois. Des fautes de main privent les Albigeois de points supplémentaires. Il faut attendre la 21ème minute pour que Samuel Marques tape un petit coup de pied à suivre vers Gabriel Lacroix, premier sur le cuir et qui marque en coin un essai qui sera transformé par Marques (10-0 21ème). Les Albigeois vendangent un lancer en touche aux 30 mètres de Bourgoin qui au départ de l’action voit les Berjaliens envoyer la balle au delà de l’en but, retour à une mêlée, coup de pied en touche aux 30 mètres visiteurs, sur le lancer, l’alignement albigeois cafouille le cuir. Bourgoin contre-attaque, Mathieu Péluchon sauve et dégage depuis sa ligne de but. Romain Barthélémy rate une tentative de drop (28ème). Il faut attendre la demi-heure de jeu pour que Samuel Marques trouve une nouvelle fois les perches des 40 mètres presque en coin (13-0 30ème). Albi perd une nouvelle fois le lancer en touche ( 32ème). Bref Albi récite un beau rugby mais ne conclu pas. A la sirène, Samuel Marques ajoute les 3 points d’une pénalité. 16-0 c’est le score à la mi-temps. Incontestablement les Albigeois n’ont jamais été réellement menacés. « Je crois qu’en première mi-temps on joue contre le vent et on sait que nous n’avons pas de longueur de pied, c’est toujours compliqué lorsqu’on joue contre le vent, mais hormis cela, on ne tient pas le ballon, on a du mal en mêlée, on a du mal à lancer du jeu à partir aussi de la touche, donc c’est très compliqué lorsqu’on est privé de ballons. On passe son temps à défendre et on se retrouve avec un 16 à 0 à la mi-temps, nous n’allons pas chez eux, nous sommes sous pression pendant quarante minutes. Ce score de 16-0 à la mi-temps c’est logique, on aurait pu en prendre plus. Contre le vent et vu le nombre de ballons que l’on avait c’est bien payé pour nous ». Jérémy Guillot , le 3ème ligne Berjalien devait résumer parfaitement la physionomie de cette première mi-temps vu par l’adversaire.
DEUXIÈME ACTE
De retour sur l’herbe, les Berjaliens, tentent de profiter de l’apport du vent pour inquiéter les Albigeois. Ils y réussissent une première fois avec un drop signé Jérémy Gondrand (16-3 44ème). Les Albigeois continuent tout de même à marquer leur territoire. Sur une pénalité à 48 mètres face aux perches, Albi choisi la pénal-touche mais vendangent le lancer. Timalai Rokoduru rate une réception de la balle, fait un en avant dans les 40 albigeois. Le buteur et demi d’ouverture berjalien ajoute trois points d’une pénalité accordée dans les 22 albigeois en bonne position. (16-6 55ème). A l’heure de jeu, les Albigeois pilonnent les adversaires à proximité de la terre promise sans arriver à conclure. Marques rate une pénalité (63ème). Les Albigeois choisissent les pénal-touches. Sur l’une d’entre-elles, un petit coup de pied à suivre de Barthélémy vers son ailier est aplati par un Berjalien. Bref, Albi tente tout mais ne conclu pas. Pour les Albigeois pas un seul point de marqué durant cette deuxième période. Une ultime tentative de drop échoue. C’est la sirène. Tout le monde rentre aux vestiaires mais pour Albi après un regroupement entre soi au centre du terrain puis le traditionnel tour d’honneur. « Nous étions maintenus en Pro D2 avant le match, mais nous voulions gagner pour le trois qui arrêtent leur carrière sportive. C’est bien d’avoir fini par une victoire, mais c’est une victoire un peu chiche, à l’écossaise. C’est dommage après une bonne première mi-temps, sobre avec un score de 16-0. Le rugby est un sport curieux. On va se battre avec eux, (deux cartons rouges dont écope notamment Baptiste Bonnet, qui a donc fini sa saison, un carton jaune Rokoduru), alors qu’il n’y a aucune raison, aucun contentieux. Nous aurions pu faire un peu mieux, faire plaisir un peu plus à notre public, mais nous retiendrons la victoire. On retiendra que ce soir nous sommes toujours12ème au classement et que ce classement nous le garderons car sur cette saison c’est sans doute notre place. Seules les victoires sont belles ». Le coach albigeois s’est refusé à laisser percer la moindre émotion en conférence de presse d’après match alors qu’il faisait ses adieux au public Albigeois « Aujourd’hui je me suis un peu ennuyé, ce n’est pas grave». L’émotion fut réservée au huis clos des vestiaires. La saison pour autant n’est pas terminée. Il faut effectuer dimanche l’ultime déplacement de Carcassonne (coup d’envoi à 14h15 heures) pour une issue du Championnat qui prend en défaut « l’homme à la casquette » lequel avait pronostiqué que la saison livrerait son verdict à la dernière minute de la dernière rencontre. En allant s’imposer à Bourg-en-Bresse, les Audois se sont libérés d’une éventuelle relégation. Le match Carcassonne – Albi a donc perdu de sa dramaturgie. Heureusement !.

Maurice Charbonnières

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