PRO D 2/ LE SCA A FAIT TREMBLER LE… LOU

PRO D2/ LE SCA A  FAIT TREMBLER LE….LOU

Henry BRONCAN «  Cela fait plaisir que les supporters lyonnais aient  pris parti pour nous et nous ont dit vous êtes la meilleure équipe que nous avons reçu à Lyon, c’est incroyable que vous soyez dans cette position au classement »

 

« Le LOU continue de jouer avec le feu. Alors qu’il menait 32-8 à la 45e minute, bonus offensif en poche, il a trouvé le moyen de se faire remonter 32-25, et de se faire peur jusqu’à la fin. Le LOU ne fait plus peur ! C’est même lui qui a tremblé jusqu’au bout pour conserver le gain d’un match, au cours duquel il a fait preuve non seulement d’insuffisances, notamment en défense, mais également de suffisance. Un grand « ouf » de soulagement s’est d’ailleurs échappé du Matmut Stadium quand Toby Arnold a tapé le dernier ballon en touche pour mettre un terme à la « plaisanterie ».Durant les vingt dernières minutes, les Lyonnais avaient été acculés dans leur camp. Saisis par le virus de l’affolement, ils avaient fait tout, et surtout n’importe quoi. En tout cas, ils s’étaient montrés incapables d’inverser la pression exercée par des Albigeois revigorés à la vue de ce LOU transformé subitement en agneau. Et ils furent bien heureux de voir l’arbitre mettre fin à leur martyre. Ils s’essuyèrent alors les yeux, comme au sortir d’un cauchemar, pour constater que la seule force ne suffit pas toujours et que les orchestrations les mieux établies peuvent aussi souffrir quelques couacs sinistres. Pourtant,  jusqu’au début de la deuxième mi-temps, le LOU avait fait le métier avec sérieux. Grâce à deux petits côtés judicieusement joués par Tuineau, en solo, pour le premier, puis par Bontinck et Ambaka, avant d’aboutir à l’essai de Dumora, pour le second, il s’était détaché au tableau d’affichage (15-0). Mais un petit relâchement avait déjà permis à Albi de recoller au score (15-8). C’était avant le tournant des cartons jaunes infligés aux talonneurs de chaque équipe ». Propos signés Yves Billet dans le Progrés de Lyon.
Venant du camp « adverse »’, cette analyse ne peut être taxée de chauvinisme . Elle confirme , pour ceux qui n’auraient pas suivi la rencontre sur Eurosport , l’exploit réalisé par les « hommes » de Julien Raynaud.
Lundi, de retour dans son bureau, Henry Broncan , lequel, sur le bord de la touche, était passé par tous les sentiments possibles, a pris  du recul pour donner son analyse sur le changement de physionomie de cette rencontre face à un leader qui avait annoncé la couleur, cinq points et rien d’autre,  alors que l’on jouait la 45° minute et que Lyon menait 32-8  : 
«  Je crois que nos adversaires , à partir du moment où ils avaient acquit le bonus offensif , nous ont sous estimé. Ils ont péchés par orgueil, ce qui est grave dans notre sport et puis il se trouve aussi que de notre côté n’ayant plus rien à perdre , l’équipe s’est libérée , elle a tout tenté ,tout essayé . Et là je dois mettre en avant les remplaçants qui ont beaucoup apporté à cette équipe,  ce qu’ils font en général très bien à l’extérieur alors qu’ils paraissent particulièrement inhibés lorsqu’on joue à domicile. C’est notre problème, c’est notre difficulté. » déclare le coach albigeois.

TROIS ESSAIS ET ….

Naturellement, le « jaune » récolté par Cyriac Ponnau , n’a pas été anecdotique quant à l’évolution du score. Le coach albigeois analyse «  Nous prenons trois essais venus encore une fois de relances dans nos 10-15 mètres, notamment alors que Mathieu Péluchon a largement le temps de dégager en touche ; Mathieu André , par ailleurs excellent est pris, plaqué , garde la balle au sol , pénalité , pénaltouche où j’étais certain que nous allions prendre un carton jaune  et enfin trois essais concédés. Donc , ce côté là me met en colère et personne ne me comprend . Il y a une grosse colère à la mi-temps contre le seconde ligne dont je répète qu’il a fait un excellent match mais qu’il a coûté très cher à son équipe . Je lui ai dit, je ne comprends pas encore comment tes avants ne t’ont fichu un coup de pied au c…., parce qu’ à mon époque c’était le tarif. Moi, j’étais demi de mêlée  et n’étais pas très costaud. Comme capitaine de l’équipe lorsqu’un arrière ou un ailier se permettait de ces manquements j’étais capable de me battre dans les vestiaires tellement cela me mettait en colère. Et cela continu. C’est récurent et cela me met hors de moi ».
Mise au point effectuée avec une pointe d’humour,  l’Henry Broncan du second acte lyonnais reprend vite le dessus :
«  Après,  cela a été magnifique , car avec un peu de lucidité, mais c’est difficile d’être lucide dans les dernières minutes d’un match, ( on manque une pénal touche ) le nul était très possible parce que le LOU , , était aux abois, c’est le cas de le dire,  et très, très mal dans sa peau. Le  public lyonnais a pris parti pour nous et nous a longuement applaudit à la fin du match . Cela fait plaisir lorsqu’on rentre aux vestiaires d’avoir les supporters du Lou qui nous disent vous êtes la meilleure équipe que nous avons reçu à Lyon, c’est incroyable que vous soyez dans cette position là au classement , vous nous avez régalés. Tout cela est apaisant. »

TARBES : PROCHAIN RENDEZ-VOUS

Les joueurs vont bénéficier d’une semaine de relâche avant de préparer  la réception de Tarbes. Avant de prendre la route vers Lyon , le groupe avait affirmé « nous allons à Lyon pour préparer Tarbes ». Il est évident qu’aucun des matches disputés à domicile ne compte pour du beurre. Au contraire, ils sont tous d’une importance capitale dans la perspective du maintien en Pro D2. Les Albigeois ont raté quelques rendez-vous devant leurs supporters. C’est l’une des  raisons de la situation toujours préoccupante des « jaune et noir » avant la 19ème journée puisque restant sous la menace de Bourg-en Bresse qui a eu la « mauvaise idée » de s’offrir un bonus défensif  et d’Auch qui , lui, a glané un bonus offensif, Carcassonne étant toujours en mauvaise posture.
« 
Nous avons une semaine de repos et après le LOU nous avons l’Ours (tarbais) et il faudra s’en méfier dans quinze jours au Stadium  où l’on  a beaucoup de mal à s’exprimer , alors que je peux vous l’assurer, nous voulons faire plaisir à notre public, mais chaque fois que nous jouons au Stadium nous avons beaucoup de mal à le réaliser. »  constate  le « sorcier gersois ».
Un joueur, il ne fut pas le seul, a crevé l’écran à Lyon ,Malik Hamadache auteur d’au moins deux percées plein cadre dont l’une devait mettre sur orbite Yoann Chateauraynaud , lequel à la barbe de deux défenseurs lyonnais s’en est allé  marquer le premier essai albigeois.
« Malik a été recruté,  faut-il le rappeler,  en Fédérale 1 qu’un monde sépare de la Pro D2. Malik est un joueur qui est passé par beaucoup de clubs, et même  deux lors d’une même saison. Il connaissait beaucoup d’instabilité. Ici, il a je crois, trouvé justement la stabilité qui lui fallait, et il a compris qu’il fallait s’entraîner, qu’il fallait être près de Philippe Couture, de Jean Christophe Bacca et de Rémy Ladauge. Ce garçon s’est mis à travailler et je crois que petit à petit , il obtient la récompense du travail qu’il fournit . Il  a découvert la musculation , un rythme de jeu supérieur, cela va de mieux en mieux.  Je connais bien Malik et je ne veux pas m’emballer Je sais aussi qu’il est capable de mettre un coup de frein  là dessus en  se croyant arrivé,  donc j’attends tout simplement de Malik qu’il soit encore meilleur qu’il ne l’a été samedi dernier  car il a un potentiel énorme. »

SORTIR DE LA ZONE DANGEREUSE

Le point de bonus ramené de Lyon est très important mais une hirondelle ne fait pas le printemps «  et les hirondelles ne sont pas encore de retour » dixit Henry Broncan qui ajoute :, «  nous devons encore attendre un petit peu parce qu’ entre temps nos concurrents directs ont réalisé également des exploits comme Auch et Bourg en Bresse, le premier gagne avec le bonus offensif contre Carcassonne ce que nous avons été incapables de faire donc les Gersois sont toujours là après avoir battu Agen , Pau, tout comme  Bourg-en-Bresse qui a terriblement inquiété Tarbes à Maurice Trelut, et cette équipe  n’a pas du tout l’intention de lâcher et notamment devant son  public. Donc rien n’est gagné et je le répète encore une fois, ce sera le dernier jour que l’on saura qui se retrouvera en Fédérale 1 la saison prochaine. Quand on voit ce que l’on est capable de faire comme  notre victoire à Bourgoin, à Bourg en Bresse, et quand nous constatons  les passages à vide qui affectent le rendement de notre équipe à l’intérieur du même match, on est quand même très inquiets et je continue d’être inquiet parce qu’il me semble que sur le plan stratégique , nous avons des difficultés quand nous tenons un match et que  chacun se met à jouer pour soi, ou s’offre des fantaisies, comme se fut aussi le cas à Lyon. Nous avons du mal à rester concentrés tous ensembles y compris le staff , à avoir la même vison de jeu pendant 80 minutes .ce qui explique un peu nos faiblesses. Egalement,  lorsque nous sommes à quatorze l’on sent un abattement chez nos joueurs et on  prend trois essais en 10 minutes ».
Il y a eu un peu de casse à Lyon : Timalai Rokoduru s’est claqué au bout de 10 minutes (incertain pour la réception de Tarbes) Mathieu André a du sortir à la mi-temps touché au dos ce qui est son point faible (espéré contre Tarbes) et enfin Nathan Lanne, le meilleur plaqueur à Lyon durant la soixantaine de minutes de présence sur le terrain , souffre d’une luxation accrimio claviculaire  et devait rater la rencontre contre l’Ours tarbais. Un ours qui compte parmi ses « dompteurs » un certain Pierre-Henry Broncan (en partance pour Bordeaux-Bègles) , le fils de son père. Mais cela est une autre histoire.

Maurice Charbonnières

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