PRO D2/ SCA 13-PAU 19. DU BLANC ET DU GRIS
PRO D 2/ SC. ALBI- SECTION PALOISE 13-19
mi-temps 6-13
Stadium Municipal : Maurice Charbonnières
Temps gris et froid
Terrain en partie déneigé mais transformé en bourbier après les périodes neigeuses
3 200 Spectateurs
Arbitre Alexandre Ruiz : ( Languedoc)
SC. ALBI
Palis- Voretamaya, Hecker Bonnet Todua (Kraska 72°), (o) Bartelémy (Bouillon 61°), (m) Marques, (Chateauraynaud 61°) Lanne, Baluc-Rittener (cap), Jérôme Mondoulet-(Calas 61°) Maisuradze, (Damiani 52°)André- Gau,(Kwarazfelia 56°) Ponnau( Djebablah 56°) Dedieu (El Jaï56°)
1 Essai Voretamaya 79°
1 Transformation : Bouillon 79°
2 Pénalités : Marques 4°-40
PAU
Prat-Acebes,Radidi( Valençon 60°), Bonnet, Fumat (Fekitoa 50°)-(O) Bouillot,(M) Boulogne- Mozeglio, Domolailai (Ramsay 46°), Bernad-Fevre, Charlon (Huete 63°)- Charlet (Choirat65°), Bourgeois, Jacquot (cap).
1 Essai : Charlon 25°
1 Transformation : Boulogne 25°-
4 Pénalités : Boulogne : 13°-31°-51°-66°
LE BLANC ET LE GRIS
La météo a quelque peu perturbé cette rencontre avec des chutes de neige tombées en abondance le dimanche matin transformant le vert gazon en un beau tapis de neige.
En outre, si la pelouse avait été dégagée par les employés municipaux après les chutes de l’or blanc du milieu de semaine, elle était gorgée d’eau. Les nouvelles chutes dominicales si elles devaient en partie fondre, ont transformé le terrain en véritable bourbier à la limite du jouable…. Mais retransmission télévisuelle oblige….
Au delà de cet épisode météo, cette rencontre SCA-Pau se voulait placée sous le signe de l’émotion avec la minute d’applaudissements marquant le début de cette rencontre pour rendre hommage au coach emblématique du SCA que fut Eric Béchu, lequel avait pris les « jaune et noir » en Fédérale 1 pour les conduire jusqu’au Top 14. Neuf années de fidélité ne s’oublient pas. C’est ce que les albigeois ont voulu affirmer par cet hommage posthume pour celui qui, dorénavant, repose en terre ariégeoise.
Naturellement, à l’annonce de la composition des équipes par Alain Rey, les albigeois furent surpris de l’absence dans les rangs de la Section Paloise de l’ex-albigeois et butteur Frédéric Manca. Selon nos confrères palois, il aurait été victime d’une blessure à la cuisse lors des entraînements aux tirs aux buts du vendredi. Mais durant les minutes précédant le début de la rencontre on a pu apercevoir l’arrière palois claquant une bise avec ancien coéquipier, discutant avec d’autres comme Jean Christophe Bacca, Yohann Corréa etc…
Voilà pour l’ambiance, d’avant match. Si cette rencontre était placée sous le signe du blanc (et de la boue), par contre le résultat s’inscrivait dans le gris avec une nouvelle défaite, certes assortie in extremis du point de bonus défensif. La quatrième défaite d’affilée après La Rochelle, Colomiers , Oyonnax. Et surtout un quinze dont la prestation n’avait rien de comparable avec celle affichée contre Oyonnax.
« Pas du tout satisfaisante cette défaite. Nous sommes tombés sur une équipe de Pau formatée pour ce type de match, dans la boue. Elle a très bien géré ce match . Nous, on a fait n’importe quoi. Mauvaise gestion du jeu, on a cru que l’on pouvait relancer de nos trente mètres dans dix centimètres de boue. On s’est retrouvé sur un contre malheureux sur une pénal touche, avec cette marque à aller rechercher. On n’a pas su revenir. Et il y a eu beaucoup trop d’approximations pour pouvoir inquiéter cette équipe de Pau , bien en place, qui, sans faire des choses extraordinaires, a bien contrôlé le match du début jusqu’à la fin, sur sa conquête, sur sa qualité de jeu, sachant tenir le ballon quand elle était dans notre camp, elle a su le renvoyer chez nous quand il le fallait, et nous nous en avons été incapables » En quelques mots, Jean-Christophe Bacca, le coach albigeois, résume la désillusion de la grande famille du SCA après cette défaite qui, sauf miracle, élimine pratiquement les Albigeois des phases finales, puisque scotchée à la 9ème place avec un écart de points grandissant par rapport aux prétendants actuels de la tête du classement.
« Nous n’arrivons pas encore une fois à ne pas marquer sur des pénal-touches , on est repris à un , deux mètres de la ligne. Nous n’arrivons pas à revenir dans le match. Le 100% de Kelvin Boulogne nous fait aussi très mal. Une pénalité manquée aussi en première mi-temps nous aurait permis de revenir à 4 points. Donc un match où nous sommes tombés sur plus fort que nous, contre un meilleur gestionnaire que nous n’avons pas été sur cette rencontre».
Bref, Laurent Baluc-Rittener et ses « hommes » ont raté leur rencontre notamment en conquête en « vendangeant » cinq occasions d’essais sur des pénal-touches jouées à 5 mètres de la ligne de but adverse. Les « jaune et noir » n’arrivent plus à s’imposer sur ces actions de jeu, alors que par le passé c’était l’un de leurs points forts. Face à Pau, les mauls ont eu du mal à avancer face à un paquet d’avants adverse particulièrement dominateur, notamment en première mi-temps. Les Albigeois , visiblement émoussés , n’ont jamais réussi à trouver la solution face à une Section Paloise efficace et pragmatique. Ce fut vrai en mêlée , secteur de jeu dans lequel ils ont été souvent pénalisés , ce fut également vrai en touche avec un nombre invraisemblable de ballons perdus. C’est d’ailleurs sur un lancer mal assuré sur sa ligne de but que Loïc Mondoulet se fait subtiliser le cuir par le palois Loïc Charlon lequel s’infiltre au cœur du maul pour arracher le ballon et aplatir (25°), creusant ainsi l’écart en première mi-temps.
Pourtant, ce sont les albigeois qui , suite à un ballon porté, mettant à la faute le pack adverse que Samuel Marquès devait déflorer le premier le tableau d’affichage (3-0 à la 3ème minute). Sur une percée dont il a le secret, l’ailier Fidjien Vénone Voretamaya, lançait une première pique par un coup de pied à suivre contré par une obstruction(7°). C’est par contre Kelvin Boulogne qui devait mettre les deux équipes à égalité sur une pénalité des 22 mètres en moyenne position (3/3 à la 12ème minute). Puis c’est Geoffrey Palis qui tente un petit coup de pied à suivre pour lui-même mais est stoppé à 30 mètres de la terre promise (18ème). Et intervient la séquence qui aboutit à l’essai palois (3-10). Après une séquence de jeu où les avants palois se mettent en évidence , Kelvin Boulogne ajoute 3 points sur une pénalité (3-13 à la demi-heure de jeu). On joue depuis 32 minutes et Samuel Marquès se voit offrir une occasion de réduire la marque sur pénalité accordée 22 mètres en moyenne position. Il rate les perches.
Sur le renvoi, le butteur palois ne franchi pas la ligne des 22, mêlée pour Albi aux 22 palois, l’attaque se développe et échoue sur Vénone Voretamaya repris à 5 mètres de la ligne de but.
Alors que la sirène retentit , un placage haut sur Romain Barthélémy et ce sont trois points de plus par la grâce du pied de Samuel Marquès qui, cette fois –ci ne tremble pas(6-13). Les deux équipes rentrent aux vestiaires alors que dame victoire n’a pas encore choisi son camp dans la mesure où les locaux durant les dix dernières minutes de ce premier acte montrent (enfin) le bout de leurs intentions.
DEUXIEME ACTE
« On a beaucoup perdu de ballons sur les rucks, on a été dominés au moins sur la première mi-temps en mêlée et sur la touche. Je crois que devant nous avons beaucoup de travail à remettre sur l’établi parce qu’il beaucoup trop d’approximations pour pouvoir au cœur de l’hiver gagner même des matches chez nous . Cela va poser d’autres problèmes si l’on continue à ne pas pouvoir organiser notre conquête et nos ballons mieux que cela » Bref, après la magnifique prestation face à Oyonnax au cours de laquelle rien ne pouvait être reproché aux Albigeois, Jean-Christophe Bacca apporte la preuve que les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas.
A la reprise des hostilités on pensait qu’il aurait eu explication de texte dans les vestiaires notamment de la part d’Henry Broncan, lequel, toujours convalescent, suivait une nouvelle fois la rencontre (chaudement emmitouflé) depuis le haut des tribunes.
D’ailleurs les locaux démarrent sur les chapeaux de roues durant une dizaine de minutes.
« Il y avait un plan de jeu établi. Il n’a pas été respecté. On avait demandé d’occuper , de mettre des ballons haut. On a marqué trois points après un temps de jeu, on s’est enflammé, les joueurs se sont laissés griser, ils ont voulu mettre du volume et du coup cela nous a amené des pénalités contre nous. Nous avons fait preuve de manque de maîtrise, de manque de maturité sur ce match là » analysait au retour aux vestiaires, Rémi Ladauge qui ajoutait « En terme d’engagement on ne put rien reprocher aux joueurs, ils ont tout donné, ils ont même réussi offensivement à tenir les ballons malgré les conditions exécrables, donc il y a des choses positives, mais il faut savoir s’adapter au temps et écouter les consignes. C’est sûr qu’en conquête nous avons eu des difficultés et donc nous avons souffert sur les ballons portés et on a subit la puissance de Pau comme on avait subit la puissance d’Oyonnax, la semaine dernière». Des actions de jeu durant la deuxième période, les albigeois en ont lancées. A la 47ème minute suite à un en avant albigeois et la mêlée en faveur de Pau qui s’en suit , le pack local enfonce son adversaire. L’arbitre sanctionne les Palois d’un bras cassé. Puis une nouvelle pénalité permet à Geoffrey Palis de trouver une magnifique pénal- touche à 5 mètres de la ligne de but paloise. Sur le lancer ,une nouvelle fois la balle est cafouillée.
Ce sont les Palois qui , par la botte de Kelvin Boulogne, chargé de faire enfler le score , se voit offrir l’occasion de creuser l’écart (6-16 à la 51ème minute). Nouvelle pénal-touche favorable à Albi à quelques mètres de la ligne de Pau. Reperdue. Et à nouveau Kelvin Boulogne en ajoute trois de plus (6-19 à la 65ème minute).
Mais les Albigeois , comme en première mi-temps retrouvent du poil de la bête et s’offrent un baroud d’honneur. La Section Paloise va subir un dernier assaut des Albigeois qui mettent la pression dans les ultimes minutes et ce malgré la fatigue. Ils mettent la main sur le cuir. Rebelote : pénal-touche à 10 mètres de l’essai. Une nouvelle fois, l’occasion est vendangée. Bref on se dirige vers une lourde défaite lorsque à une minute du trille final, une belle action conduit Vénone Vorétamaya aux pieds de perches. Le bonus défensif est dans la poche. Maigre satisfaction, mais c’est la récompense d’un match sinon abouti, du moins courageux des locaux . 13-19 au trille final.
LE BILAN EN GRIS DEPUIS LA REPRISE
Un constat signé Laurent Baluc-Rittener « Toutes les défaites sont mal venues. La défaite contre Oyonnax était mal venue, celle de La Rochelle et de Colomiers à zéro point également. Cela fait la quatrième défaite d’affilée. On nous tapait sur l’épaule en nous disant que l’on faisait de beaux matches, mais on perdait. On disait que c’était bien, qu’il fallait s’accrocher. Résultat, même si on faisait de beaux matches, on perdait. Face à Pau on passe un peu à côté, dans des conditions difficiles pour nous qui sommes une équipe avec un peu moins d’expérience que Pau. On a les vertus pour aller chercher le bonus défensif, jusqu’à la fin on s’accroche, cela se joue sur des détails de gestion du match. Nous ne pouvons rien reprocher aux garçons que se soit dans l’investissement, dans l’envie nous y étions, mais là cela se jouait davantage au niveau de la stratégie dans la tête et je crois que l’on a pêché à ce niveau là et dans la puissance en première mi-temps. Pau mérite la victoire et on se rend compte de ce qui nous sépare de ce qui se fait de mieux en Pro D2 ».
Des regrets après Oyonnax, les mêmes contre Pau ? « Moins, déclare le capitaine albigeois, il nous manque des ingrédients pour aller chercher la victoire, on a manqué de maîtrise, on a manqué de puissance en première mi-temps je le répète, et après on a couru après le score. On savait que dans ces matches là, dans ces conditions météo, il ne fallait pas courir après le score. On ne sait pas s’il faut jouer, s’il faut occuper, on ne concrétise pas, je pense aux cinq dernières minutes de la première mi-temps où l’on campe dans les cinq mètres de leur ligne. Je ne parle pas de l’arbitrage, mais on ne récolte que trois points alors que l’on met une grosse séquence. En deuxième mi-temps on a une pénal-touche et Pau fait intelligemment une petite coquinerie en touche et on se retrouve avec trois points dans la musette parce qu’on râle, parce qu’on sort de nos gongs. Quand on nous fait des choses comme cela on s’énerve. Cela fait partie de la maîtrise. Mais c’est un match qui va nous faire grandir ».
RÉACTIONS d’APRÈS MATCH
Baptiste Bonnet : « C’est vrai que les conditions n’étaient pas là. Pau est une belle équipe. Une défaite à la maison, c’est la seconde, cela fait toujours mal au moral. Quatre matches, quatre défaites, il va falloir réagir pour le déplacement à Lyon. Nous gardons toujours l’espoir de jouer un rôle dans le haut du championnat ».
Geoffrey Palis : « Cette défaite nous fait mal. Ce qui n’a pas tourné c’est tout d’abord au niveau de la conquête. Nous avons été moins performants que contre Oyonnax, et après c’est un ensemble, Pau a su mieux s’adapter que nous et sur ce match je crois qu’il n’y a pas grand chose à dire. La rencontre était impossible à jouer, c’était très compliqué, nous avions tous les doigts gelés, le ballon était glissant . C’est vrai que par moment nous avons manqué d’intelligence . Nous avons essayé de jouer à la balle alors que c’était impossible. Nous avons constaté que Pau ne s’est pas embêté et cela a bien fonctionné ».
Maurice Charbonnières








