Comment Albi a pu perdre ce match ?

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Comment Albi a t-il pu perdre ce match ? C’est la question que se pose Eric Théron dans son analyse de cette rencontre dans les colonnes de la Dépêche du Midi, certainement la plus frustrante des onze premières rencontres. Au sortir du match, pas un supporter ne pouvait pas ne pas se la poser. Face aux Palois ce fut presque un remake de la rencontre face à Narbonne mais avec inversion des rôles. Contre Narbonne, Albi était largement mené à l’heure de jeu, mais grâce tout d’abord à un renvoi du poteau sur une tentative de pénalité de Samuel Marques, et le trait de génie de Nicolas Kaiser, les « jaune et noir » avait réussi à renverser le cours de l’histoire en faisant preuve de ses valeurs de combat. Contre Pau même scénario mais à l’envers : Albi mène 19-6 à l’heure de jeu, une pénalité heurte le poteau mais sort. Et Albi perd les « pédales » se fait remonter et est renvoyé à ses doutes pour un petit point. Un petit point qui a de très lourdes conséquences.

Même Pau a dû se poser LA question : L’envoyé spécial de la République des Pyrénées constate  : « La Section remporte une victoire aux forceps après avoir été mené 8-0 en 1re période puis 19-6 en 2e. Pau confirme qu’elle est bien une équipe à réaction en s’imposant sur le fil 20-19 dans un match que les Albigeois n’ont pas su plier » et analyse : « .Mêlée pour Albi juste après la sirène. Les Tarnais enchaînent au ras et mettent Bouillon en position de drop. Des 30 m, sa tentative touche l’extérieur du poteau droit. C’est gagné pour Pau !

Et Joël Rey de conclure : « En Pro-D2, il y a des équipes qui se baladent à l’extérieur, nous, c’est plus douloureux, mais le championnat est comme ça. Henri Broncan, son homologue albigeois, met en avant le côté pragmatique de la Section. « Ce n’est pas la première fois qu’elle gagne dans les cinq dernières minutes ».

Damien Fèvre se veut pragmatique : «  Pendant 70 minutes on n’existe pas, mais nous avons eu un sursaut d’orgueil ».

LES YEUX POUR PLEURER

Bref il ne restait plus aux Albigeois que les yeux pour pleurer.

« C’est presque pire que d’avoir été menés toute la partie et de perdre logiquement » peste Jean-Christophe Bacca, effondré à l’image de toute l’équipe «  La problématique c’est que l’on a encore des problèmes car on ne sait pas tuer un match. A 19-6 , il fallait que nous restions chez eux , alors qu’on les laisse revenir , se relancer, tous ces cartons nous déstabilisent, et nous avons du mal à remettre la main sur le ballon. Donc à partir de là c’est très compliqué. Deux pénalités manquées , alors que l’on est habitué aux qualités de buteur de Samuel Marques . On se rend compte que lorsqu’il redevient tout à fait « normal », il est comme les autres buteurs . C’est dommage que l’on termine sur un essai de pénalité . C’est dur pour le moral, d’autant que pour sa transformation en coin nous n’étions pas certains que Hough la réussisse. C’est une rencontre qui a été compliquée avec un essai refusé des deux côtés ».
Pour autant le coach albigeois avoue «  J’ai du mal à trouver où nous avons pêchés. Défensivement nous y étions, Pau ne nous a jamais inquiété à 15 contre 15, dans la conquête nous avons fait plus rivaliser , ils n’ont pas pu organiser un maul. Nous avons été très conquérants sur notre touche. Pour les mêlées je pense que pour l’arbitre c’est un coup l’un, un coup l’autre. Ce deuxième carton rouge pour deux jaunes (Hamadache) nous fait très, très mal et là Pau a enfoncé le clou. C’est une équipe qui a du métier et qui s’en est bien sorti . Je retiens encore une fois que Joël Rey m’a dit que la victoire n’était pas méritée. J’espère que l’arbitre l’entendra , ce serait une bonne chose ». Bien petite consolation !

Sud-Ouest, Edition de Pau, titre « Les Palois reviennent de loin » et poursuit sous la plume de Bruno Masarotto « Les Palois ont réussi à arracher sur le fil leur quatrième victoire à l’extérieur de la saison, hier à Albi. Ils étaient pourtant très mal embarqués après un début de match totalement raté . …Il restait un peu moins d’un quart d’heure à jouer dans cette partie qui semblait échapper à Pau. Acculés dans leurs 22, Les Palois étaient sous la menace d’une pénalité annoncée par M. Descottes , l’arbitre. La Section menée de 13 points (6-19)pouvait oublier toute ambition si Sylvain Bouillon , successeur de Samuel marqués aux tirs au but réussissait sa tentative ; Mais au contraire , c’est justement le moment que choisit Pau pour se réveiller . Une énorme bagarre éclatait…. » . « Dans la foulée, Bouillon ratait le cadre et l’occasion d’enfoncer les Béarnais. » raconte Sud Ouest en évitant de poser la question «  A qui pouvait profiter le crime ?  se limitant à cette réflexion : « C’est le charme du rugby, souriait Rey. Jusque-là, nous manquions vraiment d’agressivité. On avait laissé Albi venir. Il nous avait fallu trente minutes pour trouver une solution. ». Aucagne abondait dans le sens de l’entraîneur des avants : « Je retiendrai la belle solidarité. Le rugby, c’est d’abord combattre.
« Cette victoire est laborieuse, convient l’ex albigeois et l pilier droit de la Section, Sylvain Charlet. « On réalise des entames catastrophiques tous les week-ends. On attend d’en prendre plein la gueule pour se rebeller. Aujourd’hui, nous étions des diesels face à une super-équipe d’Albi. »

UN ESSAI AU BOUT DE 120 secondes et ….

Evidemment, restera dans l’histoire du club l’essai minute de Baptiste Hecker suite à plusieurs temps de jeu, avec Kraska et Gau qui s’infiltrent dans la défense paloise puis Samuel Marques qui d’un magistral coup de pied à suivre, envoi en terre promise en bout de ligne un Baptiste Hecker qui au fil des minutes a repris du poil de la bête au même titre que Sylvain Bonnet.
Un bel essai prometteur d’une belle après midi…mais qui laisse l’auteur à son amertume quant au résultat final : « Un essai qui ne sert à rien car il y a la défaite derrière . Je ne sais pas quand nous avons perdu la rencontre, nous avons peut-être arrêté à un moment donné de mettre le rythme que nous avions mis en début de match, c’est à ce moment là que l’on s’est peut-être endormis, qu’on les a laissé espérer et petit à petit Pau a fait plus que revenir. Nous avons fait une très bonne première mi-temps au cours de laquelle nous aurions dû un peu plus concrétiser nos actions et prendre un peu plus d’avance pour tuer le match. Nous ne l’avons pas fait, et nous l’avons payé très cher à la dernière minute »
D’aucuns ont pu s’étonner que Sylvain Bouillon ne tente pas la dernière pénalité alors qu’il avait suppléé Samuel Marques pour quelques autres tentatives en cours de seconde période. La raison, c’est Henry Broncan qui la propose «  Cette pénalité est sur le pied de Marques, avec Sylvain Bouillon , ils se partagent le travail » Le choix de jouer des pénalités en première mi-temps «  c’était contre le vent et il fallait conserver le ballon. Par contre en début de deuxième mi-temps prendre la mêlée plutôt que de chercher la touche ,c’est le mauvais choix. Il ne fallait pas prendre la mêlée car sur les mêlées les arbitres n’aiment pas ces décisions et cela pose des problèmes ».
Une fois n’est pas coutume la rencontre n’a occasionné aucune blessure, mais les deux cartons rouges sont là pour faire tomber d’un cran la satisfaction de s’en sortir sans de nouveaux pensionnaires de l’infirmerie.
« J’entend que nous avons fait un bon match, mais il est perdu, je préfère que l’on fasse de mauvais matches comme face à Narbonne et que l’on gagner ». Mathieu André résume parfaitement le sentiment qui prévalait dans les vestiaires albigeois. Mais le seconde ligne se montre sur un point au moins satisfait : «  La conquête s’est rétablie, on a une très bonne mêlée ce soir, je pense que nous les avons perturbés en touche, mais le résultat final il est que l’on perd le match. Je me questionne ce soir , je ne comprends pas trop, on mène 19-6, nous avons une mêlée conquérante, nous avons le vent avec nous en seconde mi-temps et en une fraction de seconde ce match nous échappe. Je pense qu’il faut le revoir à la vidéo pour essayer de comprendre si nous avons eu une absence, si nous nous sommes écroulés. Je pense que la bagarre a été une parenthèse alors qu’à côté de cela il n’y a eu aucun mauvais gestes ,franchement je ne pense pas que ce soit cet incident qui nous ait perturbés ».
De cette bagarre on en reparlera très certainement car outre les matches de suspension dont devraient écoper les deux albigeois, il faut attendre le rapport qui sera adressé à la Ligue pour connaître si elle entraînera d’autres sanctions, administratives celles-là. Lorsqu’on sait que les Albigeois étaient parmi les meilleurs élèves en matière de discipline, ce match de Pau risque fort de peser lourd dans le bilan de la saison en matière comptable : en cas de victoire, Albi avait une change de faire un bond vers le milieu du tableau au classement. Tout est remis en cause et le déplacement à Auch, face à une formation qui va vendre chèrement sa peau pour se sortir de cette zone rouge, s’annonce d’ores et déjà extrêmement compliqué.

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