Apprendre à gérer les matches

 Henry BRONCAN : IL FAUT S’ACCROCHER, NE PAS ABANDONNER !

Yoganne COREA :NOUS ALLONS COMMENCER PAR NOUS REMETTRE DANS LE COMBAT «

 Match perdu d’un point contre Pau alors que l’on mène à l’heure de jeu de 13 points, concéder un nul à Auch alors qu’à 5 minutes du trille final les « jaune et noir » mènent de 10 points. Y a –t-il un problème récurent au SCA ?
Henry Broncan : « Il faut d’abord préciser que c’est un match extraordinaire car sur 23 joueurs, Auch a présenté 22 français, et Albi 21 français. Trente trois français sur le terrain sur 36, je trouve que c’est magnifique. J’aimerais bien quand même que la FFR et tout d’abord la Ligue se penchent un petit peu sur ce problème. Car il y a des clubs vraiment formateurs dans ce pays, il y avait beaucoup de jeunes à Auch que j’avais eu qui étaient benjamins, minimes, et j’ai été très heureux de les retrouver en face de moi. Je crois que nous méritons, que ce soit Auch ou Albi, parce que nous menons le même combat, d’être davantage reconnus que nous le sommes parce que qu’elle est l’équipe qui peut faire cela. Je n’ai rien contre les joueurs étrangers, je ne suis pas pour les quotas, chacun fait ce qu’il veut, mais je crois qu’il y a eu une rencontre de qualité samedi soir à Auch faite par des joueurs français et dont la grande majorité était très jeune. J’ai retrouvé le petit Rocca 20 ans qui marque l’essai du match nul, et d’autres. J’étais très heureux de les voir.

Il est certain que contre Auch les dix dernières minutes n’ont pas été encore une fois satisfaisantes, puisque nous avions à ce moment là le match en main. Mais je connais les auscitains et savais qu’ils allaient réagir. Ils ont fait rentrer leurs très jeunes joueurs. C’est vrai nous menons de 10 points à 10 minutes de la fin, il semble que nous avions le match en main, mais ces dix points sont immérités, Auch ne méritait pas d’être mené de 10 points parce que cette équipe nous tenu la tête haute. Il a fallu une nouvelle fois une illumination de Samuel Marques, et une course folle de Gabriel Lacroix ( je ne renie pas mon pays, et je précise que ce sont deux gersois !) pour faire pencher la balance en notre faveur. Et ensuite, c’est vrai que nous sommes tombés dans la fébrilité, c’est-à-dire que l’on veut gérer et nous ne sommes pas des gestionnaires. On l’a vu aussi contre Pau, nous n’avons pas dans l’équipe de gestionnaires capables de calmer opportunément le jeu, car si on ne fait plus rien ce n’est pas mieux. Et à moment donné nous n’avons plus rien fait. Nous avons rendu tous les ballons aux Auscitains, nous ne nous sommes pas accrochés sur l’avant dernière mêlée, il m’a fallu faire revenir le pilier Kwarazfelia qui était sorti pour contenir le jeune Rocca ».

DÉCEPTION

« Bien sûr qu’il y a une part de déception mais quand vous regardez les images au calme, 48 heures après, je peux vous dire que notre avantage de 10 points n’était pas mérité. Et nous sommes tombés sur une très bonne équipe d’Auch. Notre banc qui nous a fait gagner des matches n’a pas été très bon, il n’a pas compris qu’il devait être meilleur que le banc adverse, il faut qu’il sache que des copains sont fatigués et qu’il faut les soutenir. Nous avons perdu d’un point ou nous avons dû nous contenter du match nul tout simplement parce que le banc n’apporte pas ce que l’on attend de lui ».

Une déception du coach mais également des sujets de satisfaction de la part des Espoirs qui ont battu le Stade Français 33-22. «  Je suis très satisfait de la victoire des Espoirs face a un Stade Français , cela prouve que ce soit en Espoir, en Reichel, nous avons des jeunes de qualité dans notre club. Pour en revenir sur la rencontre au Stade Jacques Fouroux, il faut se rappeler que nous arrivons à la mi-temps avec trois points de retard avec vent favorable. Auch joue à 13 nous à 14. et nous faisons une entame calamiteuse. Trois minutes , avec tous les défauts récurrents que l’on peut remarquer dans notre équipe, c’est-à-dire un placage oublié, un avant adverse qui nous traverse, un placage sans ballon sur l’arrière adverse, un hors jeu grossier , quatre fautes en deux minutes, on prend un carton jaune et l’on se retrouve 14 contre 14.Et malheureusement cela nous coûte très cher et on sait que des points il ne faut pas les galvauder parce que ce championnat est vraiment très, très dur aussi bien en haut qu’en bas ».

C’est dans ce contexte que le groupe doit préparer la réception de Mont-de-Marsan.
» On joue avec nos moyens. Pour touts ceux qui critiquent, je le répète nous n ‘avons toujours pas de joker médical. Que avons Tetrashvili blessé pour deux mois, Visensang, Lacroix, incertains pour le week-end qui arrive, et nous allons jouer avec quoi bientôt. On puise, on puise, mais malgré la qualité de nos jeunes nous n’avons pas de réserves. Nous avons un effectif qui est restreint, ceux qui ne le comprennent pas qu’ils prennent une paire de crampons et on les fera jouer».

ET MAINTENANT MONT-DE-MARSAN

De là à annoncer l’arrivée de sang neuf, cela n’est pas exclu. Jean-Christophe Bacca qui a assisté à la victoire des Espoirs face au Stade Français a remarqué avec plaisir les performances des deux fidjiens, Kunavore et surtout de Rokoduru et le tempérament de Vialelle, de Loïc Mondoulet, de Metge à l’arrière, alors que Calas s’est cassé le nez au bout de 3 ou 4 minutes. Affaire à suivre donc.

« J’ai eu mon fils après la défaite de Tarbes à Mont de Marsan. On sait que les montois viennent pour gagner, que les montois étaient l’an dernier en Top 14 et qu’ils sont énervés par leur début de saison difficile. Le Stade Montois dispose d’individualités remarquables, en particulier une seconde ligne de très haut niveau.

Cette rencontre sera encore un combat de la survie. Mais peut-on se faire une illusion de match facile ? « Avec les Auscitains à la fin de la rencontre, nous nous sommes dit que lors du match retour, c’est-à-dire à trois matches de la fin, on se le fera entre amis. Non, nous ne pourrons pas se le faire entre amis, les deux équipes seront encore très menacées à ce moment là. Nous, il ne faut pas abandonner, ne pas lâcher, s’accrocher tant que nous le pouvons parce que cela va être un combat qui va durer peut-être jusqu’à la dernière minute du 30ème match du championnat.
La conclusion à l’issue de cette rencontre contre Auch nous l’a laissons au coach le plus tarnais des gersois : «  C’est toujours très difficile, parce que vous avez des hypocrites qui vous serrent la main, mais vous savez que ce sont des hypocrites, mais par contre vous avez vos amis qui sont là , qui sont malheureux de vous voir dans le camp d’en face et qui vous rendent un peu malheureux, on n’est pas à l’aise, on n’est pas bien. Pour moi, rencontrer Auch sera toujours extrêmement difficile. C’est vraiment un match particulier. Hier au soir (dimanche) on a bu le champagne avec un ami. Nous étions un peu moroses tous les deux car ce match n’a satisfait personne »

YOGANNE CORREA

«  Nous avons du mal à gérer les fins de matches. Cela nous coûte cher même si nous faisons un match nul contre Auch, j’ai le sentiment d’une défaite parce que nous avions un score et nous aurions dû le tenir, c’est ce que l’on demande aux remplaçants d’apporter. Qu’importe la raison, mais nous n’avons pas tenu le score, pour moi j’estime que ce match est perdu même si nous prenons deux points. Il va falloir collectivement que l’on apprenne à gérer les fins de matches. Il faut gérer et s’en tenir aux consignes des entraîneurs. Lorsqu’on voit le jeu que nous sommes capables de faire contre Pau et de dominer jusqu’à 20 minutes de la fi , il faut que le métier rentre vite,que derrière cela nous sourit et que nous ayons un peu de réussite. Cette semaine nous allons beaucoup nous parler mais que tout d’abord nous allons commencer par se remettre dans le combat car le staff a estimé que nous avons manqué d’agressivité, donc nous allons commencer par mettre cela à plat cette semaine car les matches de rugby commencent d’abord par le combat. Après, derrière, nous pourrons voir si nous exploitons le jeu ».

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